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Assainissement :
des roseaux pour les particuliers


Zoom sur un filtre à roseaux chez un particulierMise en œuvre
et entretien

Outre le curage du bassin, tous les 10 ans, l’entretien que demande le filtre à roseaux est extrêmement réduit. Il consiste, uniquement les deux premières années à supprimer les “mauvaises herbes” qui pourraient colmater partiellement le filtre et compromettre le bon développement des roseaux. Durant cette période, les racines n’étant pas entièrement développées, lors des périodes de sécheresse, il peut être nécessaire de faire quelques arrosages si le filtre n’est pas alimenté (habitation vide lors des vacances, par exemple).
Au-delà de cette période d’installation, il ne convient plus que de faucher les roseaux une fois par an, au début de l’hiver, en laissant les coupes en place sur le filtre. Ce couvert faisant alors office de paillage, il favorise le maintien de l’épuration, y compris lors des périodes de fort gel. Le printemps revenu, les résidus de coupe doivent être récupérés, puis traités comme de simples déchets verts ou, mieux, être déchiquetés pour servir de paillage au potager ou dans les plates-bandes de fleurs.

Attention, le filtre étant plein d’êtres vivants, il est nécessaire de proscrire toute utilisation de substances (eau de Javel et autres détergents) susceptibles de tuer les micro-organismes qui y sont présents.

Une solution de plus en plus plébiscitée par les petites communes

Selon le Cemagref, depuis 2003, plus de 100 stations s’équipent chaque année d’un système de filtration par roseaux, en traitement principal. Cette centaine d’installations correspond à environ 30 % du marché annuel des stations dédiées aux communes de moins de 2000 habitants. Face aux avantages de la solution (fiabilité, faible coût d’entretien, gestion des boues simplifiées, odeurs contrôlées, résistance aux variations de charge et intégration paysagère), dans les années à venir ce pourcentage devrait continuer de croître fortement, d’autant que quasiment tous les acteurs du marché proposent dorénavant des filtres plantés de roseaux.



Des installations performantes
à toutes les saisons

Eté comme hiver, même après le fauchage, le filtre est actif. Si les fortes chaleurs peuvent être un problème lors des 2 premières années, le temps que le système racinaire soit bien développé, après il n’y a plus de souci. De même, la neige n’interrompt pas le fonctionnement, des filtres installés en Tchécoslovaquie en ont apporté la preuve au cours de 5 mois de neige.
Par ailleurs, aujourd’hui, en jouant sur les types de végétaux, grâce à un effort de recherche soutenu, ces filtres sont en mesure de traiter quasiment toutes les pollutions, y compris celles aux métaux lourds ou aux nitrates.



Avantages et inconvénients

Le filtre s’intègre parfaitement au paysage, sans nuisance visuelle, sonore ou olfactive, sans problème de stockage et de traitement des boues. S’il est surtout mis en œuvre par des communes de petites tailles (5000 habitants constituant un maximum), il offre une solution écologique économiquement viable et simple à déployer pour le particulier (prévoir un coût d’achat pour le matériel, les roseaux et un guide de mise en œuvre d’environ 1 000 l). La fiabilité du fonctionnement est reconnue, validée par le Cemagref et son application agréée par les Services Sanitaires pour les collectivités.













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A l’opposé, l’inconvénient principal de cette méthode tient à sa consommation d’espace, à raison de 5 m2 par personne. Pour les particuliers, l’installation de filtres à roseaux est soumise à dérogation en justifiant de la pertinence de ce procédé par rapport aux alternatives classiques (champ d’épandage, filtre à sable, micro-stations d’épuration).
Les réticences administratives au développement de ce procédé reposent généralement sur les craintes d’une mauvaise gestion dans le temps par les utilisateurs, et sur le risque sanitaire pour des enfants jouant sur les filtres ; une simple barrière physique suffisant à y pallier. Néanmoins, suite au Grenelle de l'environnement les mentalités évoluent, et le nombre de régions où l'implantation de ce système de filtration n'est pas accepté ne cesse de diminuer.

Ci-contre, test de filtration en laboratoiretest de filtration de roseaux phragmites.

En conclusion, quand on sait que 10 % des foyers français devraient rester indépendants en matière d’assainissement, ce procédé a assurément de beaux jours devant lui. En outre, on peut parier que les tracasseries administratives d’homologation du procédé, vont disparaître rapidement, la législation européenne ayant fixé un objectif de qualité des eaux, pour 2015, qui va contraindre les décideurs à repenser les solutions homologuées pour l’assainissement individuel.

Alex Belvoit

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