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22-07-2010

Malte ne lésine pas pour protéger ses oiseaux

Depuis de nombreuses années, les puffins yelkouans (1) connaissent un déclin constant en région méditerranéenne, dont les îles maltaises abritent environ 10% de la population mondiale. Un grand nombre de colonies, dont celle installée dans la péninsule Rdum tal-Madonna, à Malte, « ont été décimées à un rythme alarmant ces 25 dernières années », en raison des perturbations ou des destructions affectant leurs sites de nidification. En 2008, la liste rouge de l'IUCN (2) classait l'espèce comme « quasi menacée », la plaçant sous l'Annexe 1 de la directive Oiseaux.  

Dans la péninsule Rdum tal-Madonna, un projet de conservation européen de 4 ans, soutenu par le programme LIFE Nature, a toutefois permis d'enrayer le déclin de l'espèce, améliorant de 10 % ses tendances démographiques.
Menée par l'ONG BirdLife Malta, l'équipe scientifique a constaté que le bruit et la forte intensité de lumière générés par les activités maritimes et la navigation de plaisance, ainsi que la prédation des rats constituaient les principales menaces pesant sur les puffins yelkouans. En ce sens, sous l'impulsion de la campagne de conservation, l'autorité maritime de l'île, Transport Malta, a pris des mesures pour réduire les nuisances liées aux bateaux. Début 2006, un programme d'éradication professionnelle des rats a également été lancé, visant à réduire leur population qui prospère grâce aux ordures disséminées dans la région.

Le camping, de même que certaines autres activités de loisirs, l'empiètement urbain, la capture accessoire par pêche, le déversement volontaire ou non de déchets en mer, la chasse illégale et la chasse au furet utilisées dans le cadre de la chasse au lapin s'ajoutent aux menaces précédemment évoquées. D'après les scientifiques, ces pressions ont toutes, sans exception, été atténuées au cours des 4 dernières années. Ces progrès s'expliquent notamment par une « collaboration étroite » entre chercheurs et pêcheurs afin de mettre en place des actions efficaces pour réduire les prises accidentelles des oiseaux. Parallèlement, les forces armées de Malte ont patrouillé, tout au long de la durée du projet, afin de surveiller que les oiseaux ne soient pas victimes de tirs par balles ou touchés par les activités de navigation et de camping.

Considéré comme un succès, ce projet ne justifie pas pour autant un relâchement des efforts menés jusqu'à présent. Attestant de la volonté de poursuivre dans cette voie, Birdlife International a classé la péninsule Rdum tal-Madonna comme zone globalement importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) et zone de protection spéciale (ZPS) au titre de la directive Oiseaux de l'UE, ainsi qu'en zone spéciale de conservation (ZSC) au titre de la directive Habitats de l'UE. Ces mesures ne profiteront pas uniquement aux puffins yelkouans, le site étant également un lieu de grande importance pour le puffin cendré, le merle bleu et la fauvette à lunettes. Il accueille, en outre, les alouettes calandrelles à l'heure de la reproduction et compte parmi les oiseaux d'hiver le rougequeue noir.
Cécile Cassier

1- 1- Principalement pélagique (en pleine mer), le Puffin yelkouan est endémique du bassin méditerranéen. D'une envergure allant de 70 à 90 cm pour un poids compris entre 330 et 480 g, il se nourrit de crevettes, calmars et poissons pris à la surface de l'eau ou en plongée jusqu'à plusieurs dizaines de mètres.
2-  Union internationale pour la conservation de la Nature.
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