Le mois dernier, le PNUD (1) apportait la touche finale à un projet, étalé sur 7 ans, visant à sauvegarder des milliers d’hectares de terres forestières sensibles, au sein des montagnes du Nord-Est de la Tanzanie. Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le projet pour les montagnes de l’Arc oriental est né suite au constat de la destruction d’environ 70 % du couvert forestier de l’Arc oriental, réputé pour son extrême richesse. Notamment sous la pression des cultures itinérantes et de la récolte du bois, on estima qu’il ne subsistait plus qu’environ 5400 km² de forêts sur des montagnes dont la surface totale couvre 23 000 km².
Les initiatives lancées jusqu’à présent ont, toutefois, porté leurs fruits. Selon une étude indépendante, elles ont permis de préserver au moins 10 000 hectares de forêt, ce qui correspond à une réduction de 10 % du taux de recul forestier.
Pour parvenir à ce résultat, obtenu en collaboration avec le gouvernement tanzanien, des ONGs et des administrations villageoises, 300 habitants de 10 villages de la région ont reçu une formation, destinée à les familiariser avec de nouvelles méthodes de culture et d’élevage. Dans le domaine de la culture, les pratiques enseignées inclurent, entre autres, un suivi des courbes de niveaux et un système de plantation linéaire sur les pentes et collines, ce dernier permettant de réduire l’érosion des sols et d’améliorer leur fertilité.
Mais si le projet a pris fin, l’engagement à préserver cette région reste intact. En atteste la volonté du gouvernement de faire reconnaître cette zone comme Site du patrimoine mondial par l’UNESCO (2). Un des sites phares du projet, la réserve autochtone d’Uluguru, dans la région de Morogoro, abriterait ainsi une centaine de plantes et diverses espèces d’oiseaux, de mammifères et d’amphibies « qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre ». Une « stratégie de l’Arc oriental » a d’ores et déjà permis de définir une ligne de conduite à suivre par les pouvoirs publics et les autres intervenants. S’étendant jusqu’en 2017, la stratégie adoptée par le gouvernement repose notamment sur le contrôle des feux de forêt, la protection effective des réserves, la lutte contre l’exploitation forestière ou minière illégale, le braconnage, la création de sources alternatives de combustible, et la sensibilisation à l’importance de la conservation de la nature.
Du fait de sa richesse environnementale, cette région représente, en outre, un enjeu économique important. En effet, l’eau, l’hydroélectricité et les produits forestiers non ligneux en provenance de celle-ci génèreraient plus de 175 millions de dollars par an.
Cécile Cassier
1- Programme des Nations Unies pour le développement
2- Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture